Département de science politique
Faculté des sciences sociales

Méthodologie à la base du Polimètre Harper

Dans un premier temps, les promesses de la plateforme du parti conservateur, Ici pour le Canada. Le plan Harper : maintenir les taxes et les impôts bas pour stimuler la croissance économique et la création d’emplois, ont été séparées des affirmations ne constituant pas des promesses. Pour être classée comme telle, une promesse doit engager le parti à réaliser une action ou un but explicite, et l’engagement doit être libellé de manière à permettre au chercheur d’évaluer objectivement si cette action ou ce but a été réalisé. Les affirmations dont le libellé ne permet pas une telle évaluation objective ne sont pas considérées comme des promesses.

Toutes les affirmations de la plateforme qui satisfont notre définition ont été incluses dans l’analyse, qu’elles soient faciles ou au contraire difficiles à réaliser. Il y a donc des promesses dont la réalisation est une quasi-certitude, tout au moins avec un gouvernement majoritaire, parce qu’elles sont déjà dans le « pipe-line » législatif par exemple. Il y a aussi des promesses dont la réalisation est beaucoup moins certaine, soit parce qu’elles soulèvent des obstacles d’ordre politique ou économique, soit parce qu’elles ne pourront pas se matérialiser avant un délai. Dans ce cas, la plateforme précise souvent le délai à l’intérieur duquel la promesse devrait être réalisée. 

Dans un deuxième temps, chaque promesse est classée comme étant « réalisée », « en voie de réalisation ou partiellement réalisée », « rompue » ou « en suspens ». Pour être classée comme « réalisée », une promesse doit être suivie d’une action gouvernementale officiellement sanctionnée (loi, règlement, traité diplomatique, etc.) ou sa sanction officielle prochaine doit être une certitude. Une promesse est classée « en voie de réalisation» si une action pour la réaliser a été officiellement entreprise (un livre blanc, dépôt d’un projet de loi, par exemple), même si la réalisation n’est pas achevée. Une promesse tenue à moitié (par exemple parce que le résultat est un compromis par rapport à la promesse dans la plateforme) est également classée dans la catégorie « en voie de réalisation ou partiellement réalisée ». Une promesse est classée comme « rompue » si elle a été bloquée par l’opposition (en cas de gouvernement minoritaire) ou si le gouvernement a renoncé à la réaliser pour l’instant. Une promesse rompue ne correspond pas nécessairement à un constat d’échec, et ne signifie pas forcément que le gouvernement a renoncé à la réaliser dans le futur. Enfin, les promesses qui n’ont encore donné lieu à aucune action officielle en vue de leur réalisation sans pour autant avoir été reniées ou bloquées sont classées « en suspens ». On s’attend à ce que les promesses soient réalisées pendant la législature qui suit l’élection où elles ont été faites. Les promesses « en suspens » ou « en voie de réalisation » au moment où le chef de gouvernement demande la dissolution de la Chambre deviennent ipso-facto des « promesses rompues ».

Notre classification en quatre niveaux de réalisation des promesses s’apparente à la classification employée par le Comparative Party Pledge Group (CPPG) un consortium de chercheurs internationaux qui s’intéressent à l’étude comparée de la réalisation des promesses électorales. La seule différence est l’ajout de la classification « en suspens » dans le polimètre (le CPPG s’intéresse uniquement aux promesses du passé et n’a donc pas besoin de la catégorie « en suspens » dans sa classification).    

Pour l’instant, le polimètre Harper évalue seulement les promesses contenues dans la plateforme électorale du parti conservateur en 2011, à l’exclusion des promesses présentées par Stephen Harper et d’autres dirigeants du parti en dehors de cette plateforme. Nous espérons pouvoir inclure bientôt les promesses présentés en dehors de la plateforme pendant la campagne électorale de 2011.

Les scores du polimètre Harper sont régulièrement mis à jour pour tenir compte des nouvelles actions entreprises par le gouvernement. Un premier bilan détaillé de la réalisation des promesses du gouvernement de Stephen Harper faisait état de 65 pourcent des promesses réalisées en tout ou en partie en octobre 2012. Vous trouverez ce bilan en cliquant ici. Dix-huit mois plus tard, en mars 2014, nous avons constaté que plus de 80 pourcent des promesses ont été réalisées en tout ou en partie. L’avenir nous dira si combien de promesses classées « en suspens » aujourd’hui seront réalisées avant la prochaine élection.

Si vous avez des questions ou des commentaires sur la méthodologie, veuillez nous contacter par courriel à polimetre@poltext.org.

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