Département de science politique
Faculté des sciences sociales

Polimètre Marois

Suivi des promesses électorales de Pauline Marois

Dernière mise à jour du polimètre Marois et réponses aux commentaires

La dissolution de l’Assemblés nationale, en vue de la prochaine élection, signifie que le polimètre Marois est arrivé à son terme. Il sera archivé dans quelques semaines. Lors de la prochaine rentrée parlementaire, un nouveau polimètre sera alors mis en place, dans lequel nous évaluerons au fur et à mesure la réalisation des promesses de la plateforme du parti qui sera élu lors du scrutin du 7 avril 2014.

Cette dernière mise à jour modifie nos verdicts au gré des changements récents dans les politiques du gouvernement, mais aussi en réponse aux commentaires reçus mettant en évidence des inexactitudes dans certain verdicts précédents. Par exemple, un lecteur a souligné, correctement, que la preuve à l’appui de notre verdict lié à la promesse de deuxième et troisième transformations pour créer des emplois n’était pas la plus valide. Après vérification, le verdict du polimètre sur cette promesse a été modifié de «promesse en voie de réalisation» à «promesse en suspens» et au final à «promesse rompue».

La dernière mise à jour a ceci de particulier qu’elle élimine les promesses «en suspens» qui deviennent ispo facto des promesses «rompues». L’élimination des verdicts «promesses en suspens» est rendue nécessaire du fait que la dissolution remet la pendule du polimètre à zéro pour ainsi dire.

La remise de la pendule à zéro signifie également que le classement des promesses liées à certains projets de lois doit changer de la catégorie «promesses en voie de réalisation» vers la catégorie «promesses rompues». Six projets de loi récemment morts au feuilleton ont dû être déclassés, en particulier les projets «mourir dans la dignité»; le moratoire sur l’exploration des gaz de schiste; la charte de la laïcité et l’obligation de cours de francisation pour les nouveaux Québécois qui ne connaissent pas le français.

Nous remercions ceux et celles qui ont soumis des commentaires et posé des questions à propos de notre méthode et de nos verdicts. Nos ressources limitées et des contraintes temporelles ne nous ont malheureusement pas permis d’y répondre individuellement. Voici toutefois nos réponses à quatre questions qui nous ont été posées le plus souvent:

Question 1 : Est-ce que le statut minoritaire du gouvernement Marois l’a empêché de tenir certaines promesses? En avons-nous tenu compte dans nos verdicts?

Réponse :Les partis d’opposition ont effectivement joué sur le fait que le gouvernement était minoritaire pour bloquer la réalisation de certains projets de loi du gouvernement en Chambre. Le gouvernement a aussi renoncé de lui-même à faire adopter d’autres projets de lois parce qu’il n’a pas voulu faire les compromis que les partis d’opposition demandaient pour soutenir son projet. Ce fut le cas des lois mortes au feuilleton du fait que Pauline Marois a demandé la dissolution de l’Assemblée nationale. Le polimètre classe les promesses non tenues comme «rompues» quel que soit la raison pour laquelle elles n’ont pas été tenues.

Question 2 : La promesse sur les élections à date fixe a-t-elle ou non été tenue?

Réponse :La promesse a été tenue. La plateforme du Parti québécois s’engage à «instaurer des élections à date fixe» sans préciser si le chef du gouvernement doit attendre d’être battu en Chambre pour dissoudre l’Assemblée nationale. La loi adoptée en juin 2013 instaure effectivement des élections à date fixe, sans toutefois toucher au droit du chef de gouvernement de choisir le moment de dissoudre l’Assemblée nationale. Au sens strict, la promesse est tenue, même si on peut faire l’argument qu’en demandant la dissolution sans attendre d’avoir été battue, Pauline Marois a bafoué l’esprit de la loi.

Question 3 : Pourquoi certaines promesses du Parti québécois ne se retrouvent pas dans le polimètre?

Réponse :Les verdicts du polimètre s’appliquent seulement aux promesses de la plateforme électorale du Parti québécois. Deux promesses souvent citées dans les commentaires -- celle de geler les tarifs d’électricité du bloc patrimonial (que le gouvernement a reniée) et celle de passer la loi sur les mines (qu’il a tenue) -- ne figurent pas dans la plateforme. Une avenue de recherche future sera d’analyser la réalisation des promesses de campagne qui ont été faites en dehors de la plateforme.

Question 4 : Comment la performance du gouvernement de Pauline Marois se compare-t-elle à celle d’autres gouvernements, en particulier le gouvernement libéral minoritaire de Jean Charest élu en 2007 ?

Réponse :Selon nos calculs, le gouvernement minoritaire de Jean Charest a tenu 49% de ses promesses en 16 mois. La performance des deux gouvernements est donc comparable au plan des promesses tenues. Selon les résultats de recherches comparées, les partis remplissent en moyenne deux tiers de leurs promesses électorales. Pour plus de détails, veuillez consulter l’onglet «publications» sur la page du polimètre.

L’équipe du polimètre

Le Polimètre Marois

Suivi des promesses électorales de Pauline Marois

Le polimètre Marois a compilé les 113 promesses de la plateforme du parti québécois aux élections de 2012 avec l’objectif de suivre leur réalisation de façon évolutive. Cliquez ici pour accéder à la plateforme du parti québécois.

Chaque promesse est qualifiée « réalisée », « en voie de réalisation ou partiellement réalisée », « rompue », ou « en suspens ». Chaque verdict est appuyé par une ou plusieurs citations tirées des communiqués de presse du gouvernement, des lois, et d’autres sources officielles ou journalistiques.

Pour chaque verdict, le décompte à jour du niveau de réalisation des promesses est donné. Cliquez sur l’un ou l’autre des verdicts pour accéder aux promesses qui partagent ce verdict et aux actions gouvernementales correspondantes. En cliquant sur « source » on accède à la citation ou au site officiel en appui au verdict.  Cliquez ici pour en savoir plus sur la méthodologie à la base des verdicts.

L’équipe mettra le polimètre à jour périodiquement. L’équipe est composée de chercheurs du projet Poltext, hébergé par le Centre d’analyse des politiques publiques de l’Université Laval. Les membres de l’équipe sont politiquement indépendants. Le projet est financé par une subvention du Fonds de recherche du Québec société et culture.

Vos questions et commentaires sont les bienvenus. Si vous repérez une citation qui n’est plus à jour ou un verdict qui vous semble incorrect, n’hésitez pas à nous le signaler par courriel à polimetre@poltext.org en incluant le libellé exact de la promesse.

— L’équipe Poltext

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Commentaires

Il y a 2 modifications dont je crois seraient intéressantes à apporter pour fournir davantage d'information au lecteur : 

1- Séparées les promesses entres celles qui maintiennent le statu quo et celles qui apportent du changement (ces dernières pourraient être nommées "promesses réalisées" par exemple).

2- Pondérer l'importance des promesses avec le nombre de fois qu'elles ont été annoncées/répétées. C'est une mesure objective et cela permettrait de classer les promesses répertoriées.

Si vous désiez me répondre, le faire à l'adresse suivante : simon-pierre.lussier@usherbrooke.ca

En consultant la liste des promesses tenues ou non à date par le gouvernement Couillard je ne peux m'empêcher de constater qu'elle ne devrait probablement pas toutes être sur le même pied d'égalité. Ça me rapelle un projet semblable sur les promesses d'Obama ou fermer Guantanamo Bay (brisée) et acheter un chien à ses enfants s'il était élu (tenue) comptaient toutes deux pour un point même si une était clairement plus importante que l'autre.

Il pourrait être possible de déterminer à la main le poid de chaque promesse mais ça m'apparait beaucoup trop subjectif pour avoir la peine. Le seul critère que je peux imaginer qui soit objectif serait de peser chaque promesse proportionellement au nombre de répétition faite de celle-ci. Plus une promesse est répétée souvent, plus c'est une promesse phare.

Comme ça, un gouvernement qui brise ses promesses principales en tenant beaucoup de petites promesses ici et là ferait moins bien qu'un qui les tiens en sacrifiant plus de petites promesses.

Qu'en dites-vous?

Il serait intéressant de comptabiliser séparément les promesses qui consistent à maintenir le statu quo. Il est vrai que ce sont bel et bien des promesses comme d'autres, il est aussi clair qu'elles n'ont pas le même poids que les promesses nécessitant changements.

«Adopter une politique d'indépendance énergétique pour réduire nos importations de pétrole et diminuer drastiquement notre consommation de pétrole et de gaz.»

Je ne vois pas le lien avec votre source (un communiqué qui ne fait référence qu'à un discours qui reprend la promesse sans rien annoncer de concret). Par contre, le communiqué de madame Ouellet du 4 juillet 2013 annonçant le lancement de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec est un premier pas significatif vers l'adoption d'une politique énergétique.

«Déployer une stratégie énergétique basée sur la planification intégrée des ressources, notamment en établissant des cibles de production pour chacune des filières d'énergies renouvelables.»

Votre source n'a rien à voir avec des cibles de production par les filières d'énergie renouvelable (hydraulique, éolienne, géothermique, biomasse). Votre source s'inscrit dans la concrétisation de la Stratégie énergétique 2006-2015 adoptée par le gouvernement libéral en 2006. Elle confirme la continuité gouvernementale et non la réalisation d'une promesse électorale en 2012. 

La lecture de ces deux exemples (que je connais mieux) m'amène à douter de l'ensemble du travail. La désuétude des sources (des communiqués datant de 2012) pour des promesses "en voie de réalisation" laisse planer l'idée d'un travail abandonné depuis de nombreux mois.

Au rayon des promesses rompues vous citez «Adopter un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste.» Votre source parle du moratoire sur l'exploitation des hydrocarbures en milieu marin. Le gaz de schiste se situe en milieu terrestre (dans la vallée du St-Laurent). Pas de lien. De mémoire, il me semble que la promesse visait à rendre "permanent" le moratoire décrété par le gouvernement libéral, le temps de faire les études et consultations publiques requises. Il n'y a pas de décision de prise dans un sens ou dans l'autre. Par contre, le gouvernement (le ministre Blanchet) a annoncé en février 2013 qu'il mandaterait (à nouveau) le BAPE de procéder à une consultation sur la base des études qui seront rendues publiques dans les jours qui viennent (décembre 2013), avant de prendre une décision définitive sur cette question. Il est donc prématuré de parler de promesse rompue.

L'idée d'un Polimètre est bonne, mais il faut y mettre le temps... à chaque semaine pour repérer les sources les plus significatives et vous assurer que vous en comprenez la teneur.

Bonne chance!

Il est vrai que la Banque de développement économique du Québec n'a pas vu le jour. Toutefois, il m'apparaît hasardeux de classer cet engagement parmi les promesses rompues. En effet, le gouvernement a déposé son projet de loi en vue de créer la BDEQ, mais les partis d'opposition n'ont pas permis son adoption. Selon moi, les projet est toujours dans les cartons du gouvernement et celui-ci attend d'obtenir une majorité pour présenter le projet de loi de nouveau. Considérant ce qui précède, j'aurais tendance à classer cet engagement parmi ceux qui ont été partiellement réalisés.

Bonjour,

Je trouve votre projet très intéressant. Je me demandais cependant dans quelle mesure votre outil tient compte de la situation de gouvernement minoritaire présentementt au Québec? Autrement, il me semble que la pertinence de l'outil est passsablement diminuée.

Bonjour,

Est-ce que votre étude a tenu compte d'un gouvernement minoritaire?

J'aimerais connaître (si cela est possible naturellement) le Polimètre Charest de ses 10 ans de pouvoir.

Merci
Claude L. Lamoureux

Merveilleux site.  Il faudrait le publiciser dans les émissions de sport à la télé, pour ceux qui ne s'intéressent pas à la politique.  Ce serait un bon condensé pour eux.

Dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, il me semble qu'il manque un score très important : "Bloqué par l'opposition".

Gilles

Bravo à toute l'équipe pour votre bon travail! Continuez sur cette voie!

Ce serait intéressant d'avoir une analyse pour les gouvernements précédents, libéraux ou péquistes.  On pourrait alors mieux comparer la performance des différents gouvernements, eu égard à leurs engagements électoraux.

Il serait bon aussi d'avoir ces données en date de la fin du mandat (déclenchement des élections) de chaque gouvernement car certaines actions sont souvent longues à mettre en marche et à réaliser.

Claudette Jodoin

Le gouvernement Marois avait fait la promesse d'éliminer la taxe santé dès la première année au pouvoir pour les personnes à très bas revenus.  L'an dernier, mon mari et moi avons produit nos rapports d'impôt avec chacun seulement $13,500 de revenu brut (nous sommes tous deux retraités).  À notre grande surprise, nous avons dû payer chacun le $200 de taxe santé.  Voila une autre promesse non tenue!

Félicitations pour cette initiative. On devrait toujours mesurer ceci. Excellent outil de responsabilisation.

Bonjour et merci de publier votre travail. C'est factuel et objectif. Ce genre de travail est très important car nous sommes innondés d'opinions partisanes. La réalité et les faits, après on peut se faire une opinion adulte.

Je vous soumet une idée: le non-respect de la promesse de geler le prix du bloc d'électricité patrimonial.

«Exiger des entreprises en mesure de le faire qu'elles réalisent de la 2e et 3e transformation afin de créer des emplois de qualité et durables chez nous.»

Associer la stratégie alimentaire à cette promesse met en doute la crédibilité des auteurs. Cette "promesse" est associée aux ressources naturelles (forêts, mines, aluminium). Pas aux aliments. Je n'ai jamais vue personne parler personnes dans le milieu de 3e transformation du maîs ou de la tomate. M'enfin!!!!

J'avais fais un commentaire similaire concernant la stratégie énergétique. Je constate, 6 mois plus tard et à la veille du déclanchement d'une élection, que la référence dénoncée (une subvention au CEGEP de Lévis) est demeurée. Pour satisfaire la promesse de mettre en oeuvre une "Stratégie énergétique intégrée" toujours faudrait-il qu'une telle stratégie ait été présentée publiquement. Ce n'est pas le cas bien que de nombreuses décisions énergétiques, indépendantes les unes des autres, aient été prises.

Bonjour,

Je vous remercie pour votre travail qui a du être relativement prenant. Avec une lecture rapide, je me rends compte que vous y avez mis quand même une certaine rigueur, donc selon moi, dans l'absolu, ce n'est pas un exercice inutile. Cependant ...

Vous appliquez une approche quantitative à un problème de nature qualitative, et pour moi, c'est une faiblisse inhérente pour ce type d’approche. Je pense qu'il est nécessaire pour vous d'expliquer votre démarche et d'insister sur les limites de cet outil, avant que le politiciens ne fassent de la politique, eux qui adorent faire dire aux chiffres ce qu'ils ne disent pas et faire taire le sens des chiffres qu'ils n'aiment pas ...

Cet outil ne devrait pas être utilisé hors contexte. Dans le fonds, comment définir la réussite d'un gouvernement ? Un gouvernement minoritaire qui fait des promesses plébiscitées, demandées, voir exigées par ses militants et supporters, mais contestées, discutées, voir qui provoquent une farouche opposition, dans une (bonne) partie des citoyens. Est-ce qu'un gouvernement qui réalise toutes ces promesses, dans un tel contexte, est un « bon » gouvernement ? Est-ce un gouvernement qui a gouverné pour l'ensemble des citoyens ? Pour le bien public ? Serait-ce le signe du triomphe de la démocratie ou d’une idéologie ?

Ceci est un Benchmark très intéressant pour les politiciens, les stratèges et les militants, qui se transformerait potentiellement, si on n'en indique pas CLAIREMENT les limites, en outil de propagande. Est-ce un outil qui, dans sa forme actuelle, favorisera la transparence ou l'opacité ? Qui améliorera ou détériorera l'information disponible aux citoyens et leur capacité à évaluer leur gouvernement ? Est-ce un épicycle de plus qui donne une illusion de la réussite d’un système brisé ou la pièce manquante pour que le système fonctionne enfin à plein régime ?

Dans tous les cas, les dés sont jetés, Hannibal à traversé les alpes, Brutus à sorti son poignard, et il sera impossible de retourner en arrière en ce qui concerne le concept de "l'évaluation" d'un gouvernement. Dans l'absolu, c'est un premier pas vers plus de transparence et d'imputabilité. Et juste pour cela, vous avez bien du mérite. Maintenant, il nous appartient, tout comme avec un couteau de cuisine, soit de faire à manger, soit de gaffer en se blessant avec…

Merci.

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